vendredi 13 mars 2009

35 – Cogito & co..


L’idée de la joie - suite
- Chez Edilivre - http://www.edilivre.com/doc/2119

35 – Cogito & co..

Résumé : vive la tautologie !
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Suite de notre visite au LAAS..
Voici la seconde partie de ma démo : avec notre Directeur de recherche nous sommes fourvoyés par l’éloquence « logique ». Elle nous incline à penser que notre destin d’espèce, uniforme et quiet va sa route sans cahots sémantiques..

Mais avec les dernières incertitudes nous allons réapprendre à dire n’importe quoi.. Par hasard et de préférence.. Puisque l’univers se l’autorise, nous aussi, nous allons pouvoir nous amuser ! J’attends pour ma part cette révolution là depuis que je ânonne mes dictées !

En dehors de rendre compte de toute chose par la gravitation. Avec gravité, s’il vous plaît. Il y a deux manières d’échapper à une explication du monde qui nous déroute. Deux manip utiles à combler le trou dans lequel on tombe en même temps que le ciel s’écroule sur nous.. Ce sont les pratiques de l’éblouissant oxymore, d’une part, et de la solide tautologie de l’autre.

Pour l’oxymore, grâce à lui l’orange bleue reluit comme l’orage. L’assourdissant silence reprend du poil de la bête. Le futur antérieur triomphe. Vous avez déjà vu quelque chose se passer dans l’avenir et qui soit intervenu hier ? C’est pourtant ce que laisse entendre ce temps de la grammaire incomparablement séduisant. Il déconnecte de la réalité ; il déconne. Premier prix de bonne camaraderie au fond de la classe. Bravo !

On plane absolument. Cui-cui les petits oiseaux qui feulent et les éléphants qui gazouillent. Tant qu’à n’y rien comprendre, autant faire de nos mystères favoris nos animaux de compagnie, n’est-ce pas ?

Autre sublime paradoxe : celui qu’adorent les apophatiques. Ils sont plus nombreux qu’on ne le croit. Je ne vous en cite que quelques uns : l’Emir Abdel Kader, l’un des grands continuateurs d’Ibn Arabi, Grégoire Palamas, célèbre théologien chrétien orthodoxe, Pierre Dac près de nous, etc.

On en retrouve plein aussi dans le bouddhisme zen à travers les fameux koans. Ou dans le tibétain qui développe une philosophie de la vacuité, en même temps qu’il multiplie les représentations de divinités ! Enfin grâce aux yidams, divinités auxquelles le pratiquant se relie pour progresser dans la Voie !

Pour faire simple, l’apophatique dit, en parlant à Dieu : « En Toi se conjoignent les contraires et les opposés ». Puissant viagra poétique et mystique que l’apophase, par conséquent. Lao-Tseu n’est pas maladroit non plus à ce jeu là.

La seconde échappatoire est moins spirituelle. Mais diantre qu’elle est efficace ! Elle se prétend plus docte. Elle vous plonge dans le fascinant abîme de la redondance. De quoi s’agit-il ? D’un procédé de démonstration initié par Descartes lorsqu’il prononça son Euréka fameux à lui: « Cogito, ergo sum ! ».

Disons tout de suite que la démo de Descartes continue de mystifier les philosophes et les historiens des sciences qui l’ont gobée une fois pour toute. Et sans plus d’examen la font toujours avaler à leurs étudiants et lecteurs. Afin de suivre ce qui vient à présent, rappelons nous que « Cogito ergo… » veut dire « Je pense DONC.. Etc »

On connaît l’occurrence : Descartes tente de s’y retrouver dans le fatras mental de son temps où se mêlent du scientifique et du religieux, du magique et du mesurable, de l’expérimental et du surnaturel. Il se dit:

« Il faut que je reparte à zéro. Table rase de ce qui branle, pendouille, monte en graine et part en couille dans les friches intellectuelles d’un siècle où je suis bien seul ! »

« On a tout embrouillé. Il y en a partout ! C’est le foutoir ! A dix mètres pour hors jeu ! Et la prochaine fois, ce sera carton jaune. Faire clair là dedans. Pour commencer, prenons appui sur quelque chose d’indiscutable. Mais il reste quoi, après que j’aie tout emmené aux poubelles ? »

« Ce socle, il doit être costaud. Il sera la proposition liminaire à partir de laquelle je vais tenter de reconstruire un premier raisonnement sain, purifié de soufre. Sans ces mélanges imbuvables de visitations qui rendent l’intelligence malade comme un diarrhéique qui aurait repris de la confiture de pruneau ? Hé bien, il reste MOI ! »

Il trouve son « Je pense, DONC je suis ! ». Sans se rendre compte qu’il vient d’inventer la tautologie. Qui par définition ne démontre rien. Non plus que sa copine la lapalissade.

En effet, quand on a dit : « Je pense » on a dit aussi que l’on existait. Hé oui ! Dire « Je » c’est dire « Je suis ! » En déduire que l’on soit n’apporte rien à la démonstration. Elle n’en est pas une. Dans « Je » il y a le verbe être !

Au fond, le « Cogito » de Descartes n’est qu’un juron d’homme assailli par des vieilles lunes ronchonnes. Elles lui tournent autour. Elles lui disent « bisque bisque rage ». Elles l’empêchent de se concentrer. Elles lui font le chahut. En réponse, il leur crie : « J’ai ma preuve ! Foutez moi la paix ! »

Elles imaginaient le démonter ? Il les goupillonne avec du « Je pense DONC je suis ! ». Un lancé de la formule ici, et « Pfuiiit », l’une de nos polissonnes s’évanouit. Un autre arrosage, et re « Pfuiiit !» : sa complice fait pareille.. Le « Je pense.. » est le grand exorciseur d’impostures intellectuelles de Descartes ! Bien qu’il en soit une ! Wahoo !

Il faut dire que la formule est rassemblée. Qu’elle porte bonheur à la pensée. Alors, que voulez-vous, on l’a emballée. Depuis, personne ne s’est plus préoccupé de ce qu’elle contient. Merci Descartes d’avoir inventé le retour de l’esprit scientifique avec un juron poétique absurde ! Il aurait tout aussi bien pu nous poser la question suivante :

— Quelle différence y a-t-il entre un corbeau ?

En d’autres termes, et pour résumer mon point de vue: Descartes donne un grand coup de poing sur le bureau. Il hurle :« Silence, non de Dieu ! Je veux travailler tranquille, bande de petzouilles !» Les hybrides de logique et d’absurdité sont espantées (terme qui veut dire émerveillé ou ahuri dans le sud ouest) devant son « Donc je suis ».

De toutes façons, il n’y a rien de plus probant qu’un « donc ». Essayez, dans presque toutes les configurations, il marche. Il assure. Il attache les wagons. La locomotive peut siffler. Lancer des panaches de belle fumée blanche et démarrer le convoi. Les Sioux seront prévenus. La logique occidentale avance. Tchou ! Tchou !

Ce que la tautologie a d’admirable est qu’elle parvienne au même résultat que le « Cogito » de Descartes. Mais en plus court. Elle fait l’économie du croc « donc ». Elle dit « Noir, c’est noir ! » Le mot « donc » a disparu. Ce qui n’empêche pas la proposition de bien s’assoire dans la page.

Qui mettrait en doute que le noir soit noir ? Allez au charbon de la caténaire seulement pour vérifier sa couleur si vous voulez en avoir l’œil net !

Nous allons saisir à présent le bénéfice oratoire que l’on peut tirer d’une telle platitude. Tenez : le Général de Gaulle, en Auvergne. Public de chasseurs de truffes. Toucheurs de bœufs. Jeteuses de sorts.

Ils sont venus pour entendre un oracle. Voici ce que de Gaulle leur livre : « Jamais l’Auvergne n’aura été… si auvergnate ! » Éblouissement du noir c’est noir. Révélation de l'axiome. Les fouilleurs d’or parfumé au pied des chênes, les maquignons aux paumes tannées d’avoir peloté l’arrière main des culards et les sous-préfets poètes épuisés à rechercher la rime riche qui manque à leur dernier sonnet, tous sentent déferler sur eux l’énorme et pacifique orage d’une vérité qui se révèle surabondante en évidence.

Les auvergnats se reconnaissent. Les truies les accompagnent si souvent dans leur chasse aux champignons noirs que le truisme leur va comme à personne. Notez, c’était bien une idée qu’ils avaient déjà dans la tête. Que l’Auvergne fut auvergnate. Mais puisque c’était le Général de Gaulle qui le leur apprenait, cela voulait dire qu’ils étaient capables de comprendre, comme lui, des vérités rares !

La tautologie rapporte, dans votre gibecière politique, les oui d’électeurs que nous avons tirés comme des pigeons d’argile ! Le mécanicien du système nous a prévenu de la direction dans laquelle il s’apprêtait à les envoyer : celle du miroir d’eux-mêmes ! Alouette !

Mieux qu’en Auvergne, le même Général, à Fécamp cette fois. Entre les écailles des poissons et les maisons en briques assombries par la pluie : « Fécamp, port de mer.. et qui entend le rester ! »

Formidable ! Là, c’est du grand ! Là c’est du beau poncif ! A-t-on vu déjà un port de mer cesser de l’être le temps d’une campagne électorale ? Ou parce que Bruxelles aurait décrété que la petite ville du bord de mer aurait à plier bagage et établir ses nouvelles pénates entre le jurassique et le crétacé du Périgord vert ?

Non, bien sûr ! Là encore, de Gaulle ne parlait que de postulat et son public s’y reconnaissait ! On peut banaliser le procédé en langage amoureux. Qu’y a t il de plus émerveillant que de s’entendre murmurer :

« Toi, c’est toi ! »

Ou que l’on réponde à votre question « Pourquoi m’aimes-tu ? » par « Parce que tu es toi ! » Ne regardez pas derrière vous, c’est à vous que l’on parle..

Diafoirus ne procède pas autrement lorsqu’il établit une relation de cause à effet telle que : « Ce qui fait que votre fille ne parle pas, c’est qu’elle est muette ! » On part rassuré de la consultation. Il est bien grand sage celui qui vous a rempli de vérité.

Rien ne se fait par hasard, n’est-ce pas ? Le mage a décrypté ce que l’on ne s’expliquait pas. Il aura sa volaille à la Saint Michel ! Tiens, on l’interrogera aussi pour les récoltes. Les placements boursiers. Pour bien « aspecter » un mariage, comme disent les astrologues. Ou « lever le soleil » du petit. Il a la fièvre après avoir joué dehors sans son chapeau de paille.

Grâce au rétrécissement du pourcentage d’univers connu, nous allons pouvoir nous livrer aux exercices jubilatoires de l’oxymore et de la tautologie. Ce qui était devenu impossible il y a vingt ans puisque nous savions à peu près tout du monde où nous vivons… (Bon, d’accord, il en restait dans les coins. Mais on l’attendait, ce reliquat, une poigne ferme sur nos balais ; et la pelle n’était pas loin !)

Enfin, nous aurions de nouveau « de l’eau devant », comme disent les marins quand ils ne risquent plus de se fracasser sur les écueils de la terre (ou les certitudes, c’est la même idée).

On aurait tout à apprendre ou à re-rêver en termes de paradoxes poétiques ou de beaux « noir c’est noir ». Chacun irait là où l’inclinerait sa préférence. Il y aurait de fulminants débats entre les nouveaux surréalistes que sont les apophatiques de la science, les anciens tautologues parcheminés, et les aventuriers de la dernière heure qu’aime Dieu : les curieux !

Quand je repense à mon Directeur de recherche, je me dis qu’il devait s’ennuyer dans sa chrysalide, cantonné au pédiluve de ses expériences. Bien sagement à faire la grenouille. Apprendre la brasse aux satellites premier âge. Avant qu’on ne les lâche dans le grand bain sidéral. « Et une, j’ouvre mes ailes. Et deux je les ramène contre mon corps. Et une, et deux. On s’arrête quand je le dirai, Jérôme.. »

Oui, je me pense que peut être ce nouveau mouvement de l’entendement, qui nous conduit à savoir que nous ne savons pas grand chose, lui aurait possiblement rendu un peu de jeunesse à mon Directeur de recherche. Au fond, son côté caillou aurait pu faire penser aussi au « Petit Gibus ». Un malicieux de l’école à l’époque des chaussures à clous.

Ne lui aurait manqué qu’un peu d’abstinence. En réponse au gavage de certitudes dont son côté costaud avait fait profit à coups de rab et de taloches sur les pattes de ses camarades du CM2. Lorsqu’ils s’approchaient de son goûter d’ogre affamé de savoir péremptoire.

Il aurait fallu peut être qu’on le prive un peu. Qu’il ait faim. Qu’il devienne malin, truqueur, inventeur de fausses nouvelles. Ne serait-ce que pour faire sortir le boulanger de chez lui – « Au feu ! Au feu ! ». En vue de lui tchourer quelques brioches. Oui, on aurait pu l’orienter vers un autre sort que celui de schupos, dans un camp de prisonniers de la science. Si on avait mis en route sa machine à penser flibuste.

Il a du y avoir un moment où la bascule pouvait s’opérer entre Guignol et « Badinguet ». Pour ce môme à la face de pomme de terre.

Mais hélas, il n’avait pas eu besoin d’un lance pierre pour nourrir de pigeons la table de ses parents pendant la guerre.

Je me dis pourtant qu’avec une tronche comme la sienne, la fringale familiale l’aurait rendu malin et adroit. Chef de bande audacieux.. Il aurait fini par partir enlacé à un de ses satellites pour voir là haut comment c’était « pour de vrai ». Au lieu de tout connaître depuis le sol..

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À la semaine prochaine ?
Ou plutôt non; la suite est à découvrir dans le bouquin, feuilletonné jusque là pour le premier tiers.. - Chez Edilivre - http://www.edilivre.com/doc/2119
Bien cordialement,
Jean Sébastien Loygue
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vendredi 6 mars 2009

34 – Idées reçues sur la science..


L’idée de la joie - suite
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34 – Idées reçues sur la science..

Résumé : visite d’un laboratoire de recherche..
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Combien de fois nous sommes-nous mépris sur le « raisonnable » de notre esprit ?
Combien de fois les arguments de l’éloquence rationnelle nous ont-ils mystifiés, en nous laissant à croire que rien ne change ? « Apprenez, car c’est ainsi ! »

Je vous convie à faire avec moi la visite d’un laboratoire de recherche toulousain, pour illustrer l’actuel virement de bord. Nous sommes en 1995..

Une cathédrale ! Ou plutôt un missile. La coupole du Sacré Cœur prête à fuser ! Hauteur ? Cinquante mètres. Diamètre ? Vingt. On la voit de loin. On se demande ce que c’est. On s’adresse à un passant. Il vous dit comme s’il baillait : « C’est le Làààs.. » (LAAS)

Dedans : un satellite replié sur lui-même. Une grosse rondelle de carotte emballée dans du papier doré. Sa couverture de survie pour l’au delà. Pourquoi ce volume géant abriterait-il un si petit satellite ? Parce qu’on va l’y tester dans une atmosphère raréfiée. Avant de l’envoyer en l’air. Il va déplier ses élytres en nid d’abeille et couvertes de capteurs dorés à la feuille, longues comme des membres de « faucheux », une impressionnante mais inoffensive araignée forestière.

On va lui faire subir les stress qui l’y attendent.. Au bout de l’étirement de son réveil, le vaisseau aura déployé ses attrapes nigaudes pour perles du soleil. C’est beau comme la tour Eiffel éclairée avec des millions de minuscules ampoules incertaines un peu jaunes, retardataires d’une poésie qu’elles assument grâce à un rien de sépia.

Un Directeur du labo a la mansuétude de m’expliquer la création du monde. Blouse blanche. Cinquante ans. Nourri aux patates ayant survécu au gel. Il vient de quelque part où il fait froid. Où ne survivent que les costauds.

De l’os épais. Des attaches de travailleur de force. Il est solide en certitudes aussi. Il me fait le cours dont il imagine que la pellicule imprimera son babil et sa trogne.

Il emphase. Il se regarde me parler : « Vous comprenez, tout commence par la gravité.. » Il dit cela avec solennité. Pas répressif, mais austère. Imperméable aux mystères.

Les voix puissantes et sans timbre existent. La sienne est comme ça. On dirait celle d’un sourd ou de quelqu’un d’insensible aux odeurs. J’ai connu un indien de la forêt amazonienne. Ses papilles nasales étaient déconnectées de son cerveau. Résultat ? Une onde sans creux ni bosses. Une élocution sans nuances. Une seule corde. Une seule note sans résonance. Une solitude au fond du nez où rien ne rêve les yeux fermés. Ni ne pressent. Mon indien en était réduit à ne penser qu’à lui-même ; il s’étiolât, finit fou.

Ce Directeur du LAAS optât de son côté pour les certitudes apprises. Ce qui lui sauva une peau qu’il eut de plus en plus couenne avec le temps.

Lorsque les tambours ne raisonnent plus, l’armure de l’esprit rhinocérosse. Les cornes du front s’allongent. Le derme se fait écailles. Une pensée privée d’olfaction est une vie sans prémonition. La plus étrange infirmité est celle de ne rien sentir : « Sentez vous comme nous sentons bon ? » demandaient les fleurs au Sous Préfet aux champs. Un Sous Préfet qui ne s’étourdirait pas de humer ne serait qu’enrhumé.

Sans sentir, on ne peut chanter que faux ; la pensée ne s’évade pas, le bonheur ne dit mot.

Notre indien n’était pas heureux, dans la prison de son nez qui ne lisait rien du monde. Il eut huit enfants sans s’en rendre compte. On le retrouva dans un asile où personne ne comprendrait que pour le relier à sa chair il lui manquait un pif. Heureux les Cyrano !

Donc il parle fort, mon Directeur. Comme s’il n’entendait pas les chuchotis. Ou bien comme s’il avait trouvé plus souvent que cherché. Il assomme ses vérités. Alors qu’il pense les asséner. Ce qui est déjà plutôt violent.

Plus exactement, il les pose sur la table. Mais sans ralentir son mouvement pendant les derniers centimètres de son haltérophilie. Alors elles font trembler les tréteaux à la pause. C’est de l’évidence, ça, Madame ! Je vous en mets combien ? Et zou ! L’aiguille de la balance part comme une folle du côté des tonnes.

Une heure après, nous en sommes toujours à cette gravité dont il s’encense. On dirait qu’il joue avec des cailloux dans sa bouche et des caillots à sa pensée. Les premiers font machine à laver près de sa glotte. Il roule son contentement comme un navire rond. « Bon rouleur, bon marcheur », dit-on d’un bateau qui écoeure.

Il moud avec ses pierres des graines pour en faire de la poudre. Graines qui pourraient être soupçons de doutes. Hypothèses hasardeuses. Divergences de vues. Émettrices de pollens non identifiés. Portées par des vents de hasard atypiques : ni familiers, ni constants, ni répertoriés.

Mais non ! Et « Grou ». Et « Grou ». La machine à broyer les nuances. On se l’imagine, lui, menhir. Il vous dirait:

« De quoi, de quoi ? Tentez donc de me soulever. Si seulement vous avez une autre idée que la gravité, pour expliquer l’univers ! J’en foisonne. J’en empèse. J’en plastronne. Je vous pète au nez !»

Je prends des notes. Il est stimulé par l’auditoire qu’il s’imagine le visionner. Il sait par cœur le ciel. Il y a longtemps que l’explication de son évolution a avoué. Il n’y aura pas d’erreur judiciaire. Vous ne le surprendrez pas avec des « questions diverses » renvoyées en fin d’agenda.. A coups de bêche il les déracinerait. A coups de hache il écimerait vos forêts d’idées.

Resterait-il à terre le bois de vos élucubrations ? Il le scierait pour faire du feu. C’était bien la peine de tenter de le déstabiliser. Il n’aura pas froid cet hiver à sa pensée. Il pourra, en se frottant les mains devant son âtre, continuer de psalmodier sa gravité, sacrebleu !

Plus tard, je découvrirai qu’on a entre temps hésité à croire que l’univers serait réellement en expansion. Pause nécessaire entre deux enthousiasmes ? Il s’agissait d’une conviction sans équivoque pour mon Directeur: que l’univers se dilatait. Il l’avait apprise. Il la retrouvera donc inchangée aujourd’hui que l’on a abandonné d’autres solutions. Planté comme un Sphinx qui se la ferme sur ce qu’il en pense au milieu d’un désert de sens, il aura échappé à un trou noir de perplexité.

On a été content de confirmer aussi qu’il serait oblong, l’univers. Grâce à un simple aérostat lancé là haut. Mon chercheur n’aura donc qu’à me dire : « A quoi eût-il servi de s’inquiéter ? Un univers flapi, ça se regonfle ! Il suffit d’un soufflon..».

Au total, on s’en était tenu, pendant cette divagation – mais sous la bonne garde de mon savant – à des remises en cause à la périphérie de ses convictions de menhir.

Aux toutes dernières nouvelles, cependant, on en reviendrait à ne plus savoir la forme du monde. Mieux, « Sciences et vie » titre en 2004:

« L’univers serait-il en cristal ? Il ressemblerait à un empilement cristallin en forme de ballon.. ou à une immense galette, ou bien encore à une sphère lisse... Les récentes avancées mathématiques permettent en effet d’imaginer une foule de topologies. Le plus difficile reste à faire : trouver, par l’observation astronomique, la preuve qui fait la forme. »

Magnifique ! Les cahiers au feu. Les profs au milieu ! Enfin, on ne sait plus ! Enfin, libre cours à la découverte. Ça fait du bien partout. On se pose des questions sur tout : forme et fond. Ainsi font font, font..

Mieux ou pire, Pour la science en 2005 titre: « La gravité serait-elle une illusion ? » Prodigieux ! Un inventeur n’attend que cela: un trou. Un manque. Dans lesquels s’engouffrer. Une fissure par laquelle laisser s’échapper la vapeur dont il a la tête pleine.

Lui lève-t-on le casque ? Il prend l’air. Il se détend. Il court partout. Il mesure. Il ausculte. Il conjecture. Il suspecte. Il bricole. Il y va ! Il aime ça ! Au moins, est-ce ainsi que je voyais les savants avant la démo du Directeur du LAAS.

Voilà aussi que l’on apprenait que l’univers n’était constitué que de seulement cinq pour cent de matière « ordinaire » ! Que vingt cinq autres pour cent seraient formés d’une « matière sombre » mystérieuse. Enfin les soixante dix pour cent restant permettraient d’expliquer l’expansion accélérée du cosmos. Et, cela, sans un gramme de plus de bonne et brave masse capable d’apporter son argument dans la balance ! (Bon, je sais, la masse n’est pas le poids..)

Triste manière de botter en touche, néanmoins, et d’envoyer voler la réalité, penserait mon Directeur à la sommaire attitude. A moins qu’il ne se prenne à rêver de la disparition du réel au profit de l’imaginaire ?

Pour peu qu’il eût été prisonnier, il se serait peut être pris à regretter de n’avoir pas su limer le métal des serrures de sa geôle mentale. Pas plus qu’il n’eût été capable d’envoyer se faire voir ailleurs les douves entourant la prison de son moyen âge.

Pour moi, ces soixante dix pour cent dont on ne saurait à peu près rien. Sinon qu’ils participeraient à la dissipation de l’espace et des idées reçues. Je les vois conspirer au renversement des éminences.. Vive le bordel pékinois visité par Albert Londres en 1920...

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vendredi 27 février 2009

33 - Le savoir..


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33 - Le savoir

Résumé : nous ne sommes plus les ‘maîtres’ de ce que furent nos savoirs.
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Il n’y a pas si longtemps, lorsque quelqu’un « savait » quelque chose, il diffusait l’information à la première personne : « Je vais vous dire.. »
Il « savait » donc il était savant. Personne ne se posait la question – et encore moins lui-même – de ‘sourcer’ sa connaissance..

Aujourd’hui nous nous posons la question : ‘où ai-je bien pu pécher ce que j’énonce ?’
Les conversations comprennent – en subliminal – un double modérateur, celui du média par lequel nous avons ‘appris’, et celui de la crédibilité de ce que nous dupliquons.

Les liens hypertextes sont de puissants « Crédits » pour les auteurs des idées que nous propageons. C’est grâce à eux que nous ‘savons’. Nous sommes des goûteurs plus que des vignerons.

Wikipédia est typique de cette évolution (10 millions d’articles – 200 langues, une pertinence comparable à celles des ‘grandes encyclopédies’!). Comme ce n’est plus l’Encyclopedia Universalis qui informe, mais une cosmogonie de contributeurs, il nous semble normal de nous interroger sur l’origine usuelle de nos connaissances. Puisqu’au fond celles-ci viennent de notre communauté et non forcément de sommités..

Les thèmes traités par Wikipédia, nous ne l’ignorons pas, sont sans cesse sujets à révision. C’est dire que la parole divine de la connaissance en prend un coup côté relativité des choses, impermanence des certitudes. Voilà pour la première évolution des « Je vais vous dire ».

Quant à la seconde elle procède de ce que nous sommes les co-auteurs d’une nouvelle religion des acquits et non les répétiteurs de dogmes labellisés par des experts que personne ne songeait autrefois interroger sur le fonds documentaire à l’origine de leur autorité..

Une évolution prodigieusement vive des théories scientifiques, par ailleurs – largement favorisée par le Web - nous a convertis à l’incertitude en une seule génération.

Prenons l’univers, le ciel, la création du monde. En trente ans les hypothèses n’ont cessé de succéder aux hypothèses.
Ce que nous tenions pour certain en 1970 s’est vu réduit à 5% de ce que l’espace enferme.. On croyait tout savoir. On ne sait que pouillème ! Cela ne trouble personne : nous considérons aujourd’hui la science comme un feu d’artifice de points d’interrogation. Les ‘religions révélées’ – même les ‘scientifiques’ – ne sont plus des paroles divines.

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vendredi 20 février 2009

32 - L’ancienne terreur d’aimer des prédicateurs...


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32 - L’ancienne terreur d’aimer des prédicateurs..

Enfin inaudibles sont les anciennes terreurs d’aimer des prédicateurs.. Les voici remplacées par « C’est Shell que j’aime », des raccourcis, des BD d’où le texte s’envole, des « Haïku »..

Des assonances entre les hommes ?
Serait-ce la fin de « tous Ego » ?

Le passe temps de pacotille qu’est ce petit bouquin concerne les rêveurs de voisins sans gourdins, sans grilloir à taille d’homme, sans chanvre pour garrot ou pendaison, sans tranchants pour égorgement, sans géhenne (éternelle ou passagère), sans « supplices ignominieux » non précisés, dans la cabane au fond du jardin, sans cornes pour empalement d’impures, sans plume d’oie pour tenir à jour les registres des inquisitions, charniers, pogroms, massacres au petit matin.

Il s’adresse à ceux qui se disent « Mais que ne sont ils simplement bons, les « Bon Dieu » de religions folles, dans le cœur de ceux qui les prient ? »



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vendredi 13 février 2009

29 - La mauvaise monnaie chasse-t-elle toujours la bonne ?


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29 - La mauvaise monnaie chasse-t-elle toujours la bonne ?

Résumé : l’inflation a raison !
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Si nous assistons au vieillissement des églises et de Lacan, avec Internet nous concourons aussi au déboulonnage d’un axiome financier, parfaitement exact s’il s’agit de sous, mais erroné ici : « La mauvaise monnaie chasse la bonne ».

Veut dire que lorsque deux moyens de paiement servent aux échanges, celui qui tient le moins la route (inflation) envahit l’espace des négociations. On s’en débarrasse. Quand l’or se terre. Pour le Web, c’est le contraire: son inflation fait sa valeur.

Masse critique
Il doit y avoir une masse critique indispensable à la réaction thermonucléaire des hommes comme il y en eût pour que de nouveaux atomes naissent au commencement des mondes. Une vitesse d’échange requise, un rythme relationnel, une densité d’idées, une obligation de choisir entre muter et nous dévorer.

Nous ne semblons pas en être si loin, de ce lieu-temps si différent. Nous nous y rendant même d’autant plus vite que la population s’accroît au moment même où elle se concentre. Les mégapoles deviennent des soupes primitives ne ressemblant à rien de ce que l’humanité a connu, expérimenté, vécu. Elle s’étalonne aujourd’hui en référence à un tout autre environnement. N’est-ce pas une banalité de le dire ?

Comment comparer ce que l’œil perçoit en 1950 en campagne et ce qu’il voit en 2007 ‘à la ville’ ? En 1950, l’énorme majorité de ce sur quoi trébuchent nos regards, ce sont des ciels, des champs, des haies, des collines, des renards (même de jour, j’en vois !) des chats, des rossignols, des biches (une par semaine à 10 mètres de la ferme), des fouines sinuantes et minuscules, des lièvres, bien sûr, des perdreaux, bien sûr, des bécasses dans les épines où le chien courageux va déchirer sa robe, des couleurs de terre retournées invraisemblablement différentes selon le mois de l’année, l’humidité de l’air, la profondeur du sillon, des croissances très différentes aussi entre le Colza, le blé dur, l’avoine ou l’orge, le tournesol, la vigne, jusqu’à l’acrylique lin.. Sans parler des poules, du coq qui chante, de la cloche de la petite église dans le lointain qui n’est pas un rêve, des arbres émondés de feuilles à l’automne et qui découvrent des habitations, des palpitations aussi, que l’on n’aurait pas imaginées là lorsque la végétation faisait écran. Voici l’hospitalité de l’hiver..

Puis les voici qui poussent, ces feuilles, sur de nouveaux rameaux, aussi diverses que celles du chêne n’ayant perdu ses anciennes qu’à la repousse des nouvelles, ce pourquoi les forêts de cet arbre ne se découvrent pas avec la retombée de sa sève. Celles de l’acacia si étonnamment frêles au bout de leurs troncs si droits que l’on en fait des poteaux pour norias (ainsi de mon puits dans les Landes il y a seulement 20 ans) fûts si défendus par leurs violents piquants. Celles du noyer qui procurera une ombre idéale aux repas dès le beau temps parce qu’elles dispersent le soleil goupillonné en perles.. etc.

Qu’aura-t-il croisé, cet homme dans sa campagne à la fin de sa journée ? Sous des ciels parfois mauves ? Un autre homme seulement un millième du temps. Tout le reste, il aura dans ses yeux, ses oreilles, sur sa peau avec le vent, d’autres espèces, matières, pollens.. Ici, les Pyrénées sont parfois roses à chicoter l’air bleu, mais aussi ocre lorsque des vols d’ondes recouvrent ses sommets avec le sable du Sahara !

Le voici en ville, notre homme défenestré de ses ciels, éloigné de ses sols, de ses écureuils, de ses loirs, de ses chouettes. Le voici sourd au craille des corneilles, au jacassement des pies ! A-t-on vu une rue fleurir au printemps ? Un trottoir sans passants ? Un métro sans personne ? L’homme sur peuple la ville alors qu’il fut absent des paysages il y a si peu encore que je vous décris. Soit l’exacte environnement d’une ultime génération impressionniste.

Une seule espèce – la nôtre - jaillit depuis partout. Elle se fait la première occupante d’une planète où le végétal et l’animal ont quasiment disparu, sinon des cages. Cette reconversion d’une civilisation paysagère en une citadine change bien au-delà du décor. Elle transmue, depuis le vase qui nous emplissait d’autres genres que le nôtre, et ce jusqu’au minéral, en un flot de semblables.

Les fables de Lafontaine n’auront bientôt plus aucune actualité ; l’allégorie bestiaire a déjà perdue la sienne.

Oui, il va falloir vivre fusionnellement. Par sous ensembles denses. Et non plus en tant qu’individus si inquiets de ce que furent leurs voisins qu’ils armaient leurs bras dès qu’ils en voyaient un poindre entre les piquants des ajoncs quand la tempête courbait des haies..

Malheur au solitaire, une notion si prégnante en Afrique où l’homme n’est jamais seul et craint cet état comme la mort! – Lire le très beau livre de Ryszard Kapuscinski « Ébène ». C’est même sans doute du dénuement de ce continent que nous devrons tirer des enseignements comportementaux. Jusqu’au palabre sous l’arbre unique et respecté comme un totem…

Pour en revenir à Internet, le bombardement messager de nos échanges témoigne que la mue s’accélère. Il présage du changement radical de l’espèce. Je l’entends un peu comme un essaim lorsqu’il se déplace. Nous quittons les rares abeilles sauvages passant l’hiver au chaud sous les tuiles (ne pas les retourner au printemps sans avoir averti et ne pas tomber du toit en panique parce qu’elles vous piquent, venues d’essaims minuscules à quelques unes).

Si nous ne mutons pas de manière radicale et pacifique, nous construirons des ruches au bourdonnement cérébral terrifiant, des cathédrales où Dieu lui-même – s’il existait - devrait donner du bâton pour aller jusqu’à son autel. Et là nous offririons la terre en sacrifice au diable. Il va nous falloir nous haïr ou nous aimer… Nous ne serons plus jamais seulement le voisin de quelqu’un que l’on hèle au loin.. Héler, errer n’auront plus aucun sens. ‘Groupir’ est certain.



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Jean Sébastien Loygue
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vendredi 6 février 2009

26 - Du rire au chérir..


L’idée de la joie - suite
- Chez Edilivre - http://www.edilivre.com/doc/2119
26 - Du rire au chérir..

Résumé : l’avenir est chérir.
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Non, le buzz n'est pas qu'un bruit sur la toile et Internet n’est pas qu’un voile sur nos yeux qu’il faudrait déciller. Ce nom buzz fait un bruit de bourdon, d'avion lourd à hélice ou de mouche à merde, comme on voudra. Une image suit: on a la main sur la bouche alors que l'on dit un secret à sa voisine. Comme ça personne d'autre n'entendra (tu parles, on peut compter sur la voisine..).Toute la problématique du buzz est là : qu'il s'agisse d'un mode de communication qui à la fois diffuse le sens et possiblement le cache ou le détourne. Ainsi de la rumeur de tous temps qui dit la vérité et la controuve.

La deuxième croisade fut prêchée comme ça : du haut d'un rempart en bas duquel une foule immense de "guenilleux" ne comprenait rien de ce que disait Pierre l'Hermite. Alors chacun a confié à son proche ce qu'il imaginait et mille rumeurs coururent les vagues jusqu'en Palestine. Il y a un renversement extravagant dans ce buzz qui reprend la main de la com' après Gutenberg. Étonnante revanche de la parole du peuple sur l'écrit sanctifié, la parole divine passée par l'imprimerie et les bûchers. Encore a-t-il fallu qu'Internet survienne, amplifie, porte la voix de l'hoax, ou de l'oracle. Étrange élargissement, au sens carcéral, de la parole sur le 'Livre'… Le renversement des flux et des temps..
Pourquoi renversement des flux ? Parce que ce ne sont plus ni les marques, ni les entreprises, ni les personnes qui "descendent " l'information vers le public depuis leur chaire ; mais le bon peuple qui s'empare des réputations à armes égales avec les discours convenus. On sait qu'environ 70 % des requêtes sur Internet concernent des recherches de renseignements, sur les produits, les services, les quartiers de la lune. Au début du Web, on questionnait la SNCF pour des horaires. Elle était la seule à communiquer sur elle. Aujourd'hui vous "googelez" SNCF et dès la première page de votre moteur de recherche figurent autant de citations venues de blogs et de forums que de la Société. On apprend ses retards...
Tapez Total et vous n'allez pas rigoler tout de suite si vous travaillez pour cette firme car c'est une marée noire de hauts cris.
L'internaute s'empare de votre image ; à tel point que tout un pan de la nouvelle communication s'oriente vers la maîtrise des blogueurs 'influents' à qui les annonceurs demandent de propager des "bruits" favorables à leur dernier modèle de portable. Pourquoi renversement des temps ? Parce que le savetier se fait prince, le pauvre parle et on l'entend. Il y a donc, avec le buzz, un troisième larron dans l'aventure amoureuse entre annonceurs et prospects : il y a le public et il ne se contente plus de tenir la chandelle. Il entre dans le jeu.
On savait déjà comment la notion de "multicanal" fonctionnait : par effets de miroir. Je reconnais, sur une affiche 4/3 un produit déjà vu à la TV ou sur le Web ; puis je trébuche sur son emballage dans un hyper. Que s'est-il donc passé en plus de l'accumulation des messages ? Ceci: au premier impact, je suis instruit. Et aux suivants ? Je me dis: "c'est moi" car la première image est déjà dans ma mémoire.
Divine surprise: je me reconnais moi-même et je me vaux bien ! On va plus loin avec le buzz car il se nourrit de ce en quoi je contribue au lancement des offres, non plus en Narcisse, mais en partisan, en artisan ou en ami. En partisan, j'épouse une cause ; en artisan, je la façonne, et en ami je passe du rire au chérir.

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vendredi 30 janvier 2009

25 - La mort du papier ?


L’idée de la joie - suite
- Chez Edilivre - http://www.edilivre.com/doc/2119

25 - La mort du papier ?

Résumé : le Web sauve le print.
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Dans le métro, combien de lecteurs de livres, versus combien consultent leur mobile ?
Plus de Web attitude que de plumes d’oie, n’est-ce pas ?

Et pourtant: Babel et Bezos, quel prodigieux paradoxe !
Pourquoi l’accolement de ces deux noms constituerait-il un paradoxe ? Parce que la tour de Babel symbolise la division des hommes. Et Jeff Bezos (créateur d’Amazon) la mise en ligne de milliards de vrais livres à vendre sur l’Internet.. Ainsi les rois du « Print » (imprimerie) qui craignaient de mourir à cause du Web voient leur regain venir de lui ! Le réel renaît du virtuel. Le verbe se fait chair ! Oui les nouveaux Dieux seront Web !

Et puis, il restera toujours du livre qu’il ne s’est pas enfui de nos yeux lorsque nous éteignons notre ordinateur.. (rêverie sur le bouquin de chevet, de poche, de voiture pour les rv lorsqu’on est en avance, pour le Métro, l’avion, dans l’attente d’un bus..)

Par ailleurs, la plus part des blogueurs n’auraient jamais écrit sans le Web. Or, encouragés par lui, ils impriment aussi..

Le plus clair de ce qu’ils expriment est intelligent, malicieux, décalé. Il s’agit d’une ‘brille’ contemporaine à flot constant de centaines de millions de sources qui seraient demeurées, sans Internet, des parfums inutiles, en flacons, sans peau pour les échanges..

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