mercredi 26 novembre 2008

4 - Second raccourci : pénurie pétrolière.


L’idée de la joie - suite
Épisode précédent : nous avons assisté au REFROIDISSEMENT de la planète, à l’envers d’une idée reçue qui voudrait qu’un réchauffement tragique nous menace.. Suite du déroulé du point de vue iconoclaste défendu dans mon gentil fou livre « L’idée de la joie »…
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4 - Second raccourci : pénurie pétrolière.

Résumé : l’échéance est plus courte que prévu car nos modèles tiennent compte avant tout de la consommation ‘occidentale’. Alors que l’enflammement de la demande ne vient pas de là..
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Les pays importateur de pétrole ont des réserves stratégiques pour trois mois ! Un trimestre. Une saison. Passé ce délai personne ne peut aller au travail. Aucun supermarché n’ouvre. Les produits ne leur parviennent plus. Leurs employés non plus. Pas un car de ramassage pour conduire nos enfants à l’école. Aucun instituteur ne s’y rend.. Le courrier ? La boite est vide. L’énergie manque au Diesel de la loco, puis à celui de l’auto jaune.

Il fait froid partout. En ville, on tente d’élever des poules dans les cours d’immeubles. Que l’on nourrit avec quoi ? Des hosties ? Le crottin des chevaux réapparaît à San Francisco. Avec à leurs culs des hommes à l’affût de fumures pour les balcons.

On réentend « abiiichiiipoooo » crié par un chineur l’épaule sanglée à sa carriole où il entasse des habits, des chiffons, et des peaux. Variante de son chant : « Peaudlapinpoooooo ».

Nous réapprenons à viser les pigeons de Notre Dame et de Rio avec nos lance pierre. Nous redisposons des « araignées » (filets à mailles fines) dans les lacs des villes, la nuit, devant des travelots claquant des dents. Pour en pécher le poisson après en avoir dévoré les cygnes.

Le moteur à explosion n’a plus qu’à s’exposer au Musée des prosopopées (Terme qui désigne un procédé de la rhétorique, la prosopopée fait notamment parler les morts..). Galéjade ? Pas sûr..

Le rythme de consommation actuelle laisse voir une pénurie de pétrole à 50 ans. Encore ne s’agira-t-il plus, bien avant cette échéance, d’un bien abordable. Mais en plus a-t-on compté avec la voracité des pays émergeants ? Combien pesons-nous dans ces calculs ? Peu, car nous insultons l’avenir..

Nous avons le petit doigt sur la couture de l’esprit. Nous claquons des talons. Nous nous mettons au « Garde à vous » devant des évidences obsolètes. Ne sommes-nous pas les héros du monde moderne ? Puisque oui, pourquoi nous en faire. Quoi ? Les trois quarts de l’humanité seraient à leur tour pris par la fringale qui nous a fait rois de la terre ? De quel droit ? Nous posons-nous la question ?

Pire, nous nous laissons endormir par un ‘marronnier’ (sujet bateau ressorti par la presse lorsque l’actualité manque de piquant) : « Le pétrole va manquer ! ». Sujet immédiatement démenti depuis deux générations par des: « Mais non, mais non.. ». On aura frissonné le lecteur et après on l’aura frictionné. Il aura eu peur ; il sera rassuré ; il repartira content de sa lecture.

Que voulez-vous, nous n’avons cessé de « découvrir » de nouveaux gisements. A chaque alarme la réponse en passing fut donc une nouvelle évaluation des ressources disponibles.. Jusqu’à ce que l’on sache où l’on en est maintenant.. Or aucun nouvel épisode ne corrigera l’ultime mise au point. Les satellites ont parlé, les forages ont confirmé. On ferme le bar !

Le dernier pétrole sera non seulement difficile d’accès (plus de 6.000 mètres). Mais, qui plus est, mêlé à des roches ! Il faudra les presser comme des éponges. Technologie lourde. Ruineuse industrie. Fini le bon gras brut fluide poisseux. Caviar à la pompe. Qui paiera ?

A force d’avoir scoopé un drame qui ne se produisait jamais (le tarissement du pétrole) nous nous retrouvons le jeune berger de la fable d’Esope. On se souvient qu’il s’ennuyait tant que, pour s’amuser, il hurlait : « Au loup ! » Les villageois des alentours au début accouraient depuis les couches de leurs femmes épouvantées : « Comme tu es courageux, mon chéri ! ».

Jusqu’à ce qu’ils en viennent à penser qu’ils perdaient leur temps à quitter leurs lits pour des balivernes. Si bien que lorsque le gamin fit réellement face à un loup personne ne crut à ses appels. Il perdit son troupeau.

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À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
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