vendredi 27 février 2009

33 - Le savoir..


L’idée de la joie - suite
- Chez Edilivre - http://www.edilivre.com/doc/2119

33 - Le savoir

Résumé : nous ne sommes plus les ‘maîtres’ de ce que furent nos savoirs.
-------------------------------------------------------------------------------
Il n’y a pas si longtemps, lorsque quelqu’un « savait » quelque chose, il diffusait l’information à la première personne : « Je vais vous dire.. »
Il « savait » donc il était savant. Personne ne se posait la question – et encore moins lui-même – de ‘sourcer’ sa connaissance..

Aujourd’hui nous nous posons la question : ‘où ai-je bien pu pécher ce que j’énonce ?’
Les conversations comprennent – en subliminal – un double modérateur, celui du média par lequel nous avons ‘appris’, et celui de la crédibilité de ce que nous dupliquons.

Les liens hypertextes sont de puissants « Crédits » pour les auteurs des idées que nous propageons. C’est grâce à eux que nous ‘savons’. Nous sommes des goûteurs plus que des vignerons.

Wikipédia est typique de cette évolution (10 millions d’articles – 200 langues, une pertinence comparable à celles des ‘grandes encyclopédies’!). Comme ce n’est plus l’Encyclopedia Universalis qui informe, mais une cosmogonie de contributeurs, il nous semble normal de nous interroger sur l’origine usuelle de nos connaissances. Puisqu’au fond celles-ci viennent de notre communauté et non forcément de sommités..

Les thèmes traités par Wikipédia, nous ne l’ignorons pas, sont sans cesse sujets à révision. C’est dire que la parole divine de la connaissance en prend un coup côté relativité des choses, impermanence des certitudes. Voilà pour la première évolution des « Je vais vous dire ».

Quant à la seconde elle procède de ce que nous sommes les co-auteurs d’une nouvelle religion des acquits et non les répétiteurs de dogmes labellisés par des experts que personne ne songeait autrefois interroger sur le fonds documentaire à l’origine de leur autorité..

Une évolution prodigieusement vive des théories scientifiques, par ailleurs – largement favorisée par le Web - nous a convertis à l’incertitude en une seule génération.

Prenons l’univers, le ciel, la création du monde. En trente ans les hypothèses n’ont cessé de succéder aux hypothèses.
Ce que nous tenions pour certain en 1970 s’est vu réduit à 5% de ce que l’espace enferme.. On croyait tout savoir. On ne sait que pouillème ! Cela ne trouble personne : nous considérons aujourd’hui la science comme un feu d’artifice de points d’interrogation. Les ‘religions révélées’ – même les ‘scientifiques’ – ne sont plus des paroles divines.

---------------------------
À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
------------------------------------

vendredi 20 février 2009

32 - L’ancienne terreur d’aimer des prédicateurs...


L’idée de la joie - suite
- Chez Edilivre - http://www.edilivre.com/doc/2119

32 - L’ancienne terreur d’aimer des prédicateurs..

Enfin inaudibles sont les anciennes terreurs d’aimer des prédicateurs.. Les voici remplacées par « C’est Shell que j’aime », des raccourcis, des BD d’où le texte s’envole, des « Haïku »..

Des assonances entre les hommes ?
Serait-ce la fin de « tous Ego » ?

Le passe temps de pacotille qu’est ce petit bouquin concerne les rêveurs de voisins sans gourdins, sans grilloir à taille d’homme, sans chanvre pour garrot ou pendaison, sans tranchants pour égorgement, sans géhenne (éternelle ou passagère), sans « supplices ignominieux » non précisés, dans la cabane au fond du jardin, sans cornes pour empalement d’impures, sans plume d’oie pour tenir à jour les registres des inquisitions, charniers, pogroms, massacres au petit matin.

Il s’adresse à ceux qui se disent « Mais que ne sont ils simplement bons, les « Bon Dieu » de religions folles, dans le cœur de ceux qui les prient ? »



---------------------------
À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
------------------------------------
Autres blogs :
http://dieuseraweb.blogspot.com/– Web découverte
http://jsloygue.blogsudouest.com/ - Brèves du Sud
http://jeansebastienloygue.blogs.courrierinternational.com/ - Croquis
---------------------------------------------------
Wikipedia
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_S%C3%A9bastien_Loygue

vendredi 13 février 2009

29 - La mauvaise monnaie chasse-t-elle toujours la bonne ?


L’idée de la joie - suite
- Chez Edilivre - http://www.edilivre.com/doc/2119

29 - La mauvaise monnaie chasse-t-elle toujours la bonne ?

Résumé : l’inflation a raison !
-----------------------------------------------------
Si nous assistons au vieillissement des églises et de Lacan, avec Internet nous concourons aussi au déboulonnage d’un axiome financier, parfaitement exact s’il s’agit de sous, mais erroné ici : « La mauvaise monnaie chasse la bonne ».

Veut dire que lorsque deux moyens de paiement servent aux échanges, celui qui tient le moins la route (inflation) envahit l’espace des négociations. On s’en débarrasse. Quand l’or se terre. Pour le Web, c’est le contraire: son inflation fait sa valeur.

Masse critique
Il doit y avoir une masse critique indispensable à la réaction thermonucléaire des hommes comme il y en eût pour que de nouveaux atomes naissent au commencement des mondes. Une vitesse d’échange requise, un rythme relationnel, une densité d’idées, une obligation de choisir entre muter et nous dévorer.

Nous ne semblons pas en être si loin, de ce lieu-temps si différent. Nous nous y rendant même d’autant plus vite que la population s’accroît au moment même où elle se concentre. Les mégapoles deviennent des soupes primitives ne ressemblant à rien de ce que l’humanité a connu, expérimenté, vécu. Elle s’étalonne aujourd’hui en référence à un tout autre environnement. N’est-ce pas une banalité de le dire ?

Comment comparer ce que l’œil perçoit en 1950 en campagne et ce qu’il voit en 2007 ‘à la ville’ ? En 1950, l’énorme majorité de ce sur quoi trébuchent nos regards, ce sont des ciels, des champs, des haies, des collines, des renards (même de jour, j’en vois !) des chats, des rossignols, des biches (une par semaine à 10 mètres de la ferme), des fouines sinuantes et minuscules, des lièvres, bien sûr, des perdreaux, bien sûr, des bécasses dans les épines où le chien courageux va déchirer sa robe, des couleurs de terre retournées invraisemblablement différentes selon le mois de l’année, l’humidité de l’air, la profondeur du sillon, des croissances très différentes aussi entre le Colza, le blé dur, l’avoine ou l’orge, le tournesol, la vigne, jusqu’à l’acrylique lin.. Sans parler des poules, du coq qui chante, de la cloche de la petite église dans le lointain qui n’est pas un rêve, des arbres émondés de feuilles à l’automne et qui découvrent des habitations, des palpitations aussi, que l’on n’aurait pas imaginées là lorsque la végétation faisait écran. Voici l’hospitalité de l’hiver..

Puis les voici qui poussent, ces feuilles, sur de nouveaux rameaux, aussi diverses que celles du chêne n’ayant perdu ses anciennes qu’à la repousse des nouvelles, ce pourquoi les forêts de cet arbre ne se découvrent pas avec la retombée de sa sève. Celles de l’acacia si étonnamment frêles au bout de leurs troncs si droits que l’on en fait des poteaux pour norias (ainsi de mon puits dans les Landes il y a seulement 20 ans) fûts si défendus par leurs violents piquants. Celles du noyer qui procurera une ombre idéale aux repas dès le beau temps parce qu’elles dispersent le soleil goupillonné en perles.. etc.

Qu’aura-t-il croisé, cet homme dans sa campagne à la fin de sa journée ? Sous des ciels parfois mauves ? Un autre homme seulement un millième du temps. Tout le reste, il aura dans ses yeux, ses oreilles, sur sa peau avec le vent, d’autres espèces, matières, pollens.. Ici, les Pyrénées sont parfois roses à chicoter l’air bleu, mais aussi ocre lorsque des vols d’ondes recouvrent ses sommets avec le sable du Sahara !

Le voici en ville, notre homme défenestré de ses ciels, éloigné de ses sols, de ses écureuils, de ses loirs, de ses chouettes. Le voici sourd au craille des corneilles, au jacassement des pies ! A-t-on vu une rue fleurir au printemps ? Un trottoir sans passants ? Un métro sans personne ? L’homme sur peuple la ville alors qu’il fut absent des paysages il y a si peu encore que je vous décris. Soit l’exacte environnement d’une ultime génération impressionniste.

Une seule espèce – la nôtre - jaillit depuis partout. Elle se fait la première occupante d’une planète où le végétal et l’animal ont quasiment disparu, sinon des cages. Cette reconversion d’une civilisation paysagère en une citadine change bien au-delà du décor. Elle transmue, depuis le vase qui nous emplissait d’autres genres que le nôtre, et ce jusqu’au minéral, en un flot de semblables.

Les fables de Lafontaine n’auront bientôt plus aucune actualité ; l’allégorie bestiaire a déjà perdue la sienne.

Oui, il va falloir vivre fusionnellement. Par sous ensembles denses. Et non plus en tant qu’individus si inquiets de ce que furent leurs voisins qu’ils armaient leurs bras dès qu’ils en voyaient un poindre entre les piquants des ajoncs quand la tempête courbait des haies..

Malheur au solitaire, une notion si prégnante en Afrique où l’homme n’est jamais seul et craint cet état comme la mort! – Lire le très beau livre de Ryszard Kapuscinski « Ébène ». C’est même sans doute du dénuement de ce continent que nous devrons tirer des enseignements comportementaux. Jusqu’au palabre sous l’arbre unique et respecté comme un totem…

Pour en revenir à Internet, le bombardement messager de nos échanges témoigne que la mue s’accélère. Il présage du changement radical de l’espèce. Je l’entends un peu comme un essaim lorsqu’il se déplace. Nous quittons les rares abeilles sauvages passant l’hiver au chaud sous les tuiles (ne pas les retourner au printemps sans avoir averti et ne pas tomber du toit en panique parce qu’elles vous piquent, venues d’essaims minuscules à quelques unes).

Si nous ne mutons pas de manière radicale et pacifique, nous construirons des ruches au bourdonnement cérébral terrifiant, des cathédrales où Dieu lui-même – s’il existait - devrait donner du bâton pour aller jusqu’à son autel. Et là nous offririons la terre en sacrifice au diable. Il va nous falloir nous haïr ou nous aimer… Nous ne serons plus jamais seulement le voisin de quelqu’un que l’on hèle au loin.. Héler, errer n’auront plus aucun sens. ‘Groupir’ est certain.



---------------------------
À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
------------------------------------
Autres blogs :
http://dieuseraweb.blogspot.com/– Web découverte
http://jsloygue.blogsudouest.com/ - Brèves du Sud
http://jeansebastienloygue.blogs.courrierinternational.com/ - Croquis
---------------------------------------------------
Wikipedia
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_S%C3%A9bastien_Loygue

vendredi 6 février 2009

26 - Du rire au chérir..


L’idée de la joie - suite
- Chez Edilivre - http://www.edilivre.com/doc/2119
26 - Du rire au chérir..

Résumé : l’avenir est chérir.
-------------------------------------------------------------------------

Non, le buzz n'est pas qu'un bruit sur la toile et Internet n’est pas qu’un voile sur nos yeux qu’il faudrait déciller. Ce nom buzz fait un bruit de bourdon, d'avion lourd à hélice ou de mouche à merde, comme on voudra. Une image suit: on a la main sur la bouche alors que l'on dit un secret à sa voisine. Comme ça personne d'autre n'entendra (tu parles, on peut compter sur la voisine..).Toute la problématique du buzz est là : qu'il s'agisse d'un mode de communication qui à la fois diffuse le sens et possiblement le cache ou le détourne. Ainsi de la rumeur de tous temps qui dit la vérité et la controuve.

La deuxième croisade fut prêchée comme ça : du haut d'un rempart en bas duquel une foule immense de "guenilleux" ne comprenait rien de ce que disait Pierre l'Hermite. Alors chacun a confié à son proche ce qu'il imaginait et mille rumeurs coururent les vagues jusqu'en Palestine. Il y a un renversement extravagant dans ce buzz qui reprend la main de la com' après Gutenberg. Étonnante revanche de la parole du peuple sur l'écrit sanctifié, la parole divine passée par l'imprimerie et les bûchers. Encore a-t-il fallu qu'Internet survienne, amplifie, porte la voix de l'hoax, ou de l'oracle. Étrange élargissement, au sens carcéral, de la parole sur le 'Livre'… Le renversement des flux et des temps..
Pourquoi renversement des flux ? Parce que ce ne sont plus ni les marques, ni les entreprises, ni les personnes qui "descendent " l'information vers le public depuis leur chaire ; mais le bon peuple qui s'empare des réputations à armes égales avec les discours convenus. On sait qu'environ 70 % des requêtes sur Internet concernent des recherches de renseignements, sur les produits, les services, les quartiers de la lune. Au début du Web, on questionnait la SNCF pour des horaires. Elle était la seule à communiquer sur elle. Aujourd'hui vous "googelez" SNCF et dès la première page de votre moteur de recherche figurent autant de citations venues de blogs et de forums que de la Société. On apprend ses retards...
Tapez Total et vous n'allez pas rigoler tout de suite si vous travaillez pour cette firme car c'est une marée noire de hauts cris.
L'internaute s'empare de votre image ; à tel point que tout un pan de la nouvelle communication s'oriente vers la maîtrise des blogueurs 'influents' à qui les annonceurs demandent de propager des "bruits" favorables à leur dernier modèle de portable. Pourquoi renversement des temps ? Parce que le savetier se fait prince, le pauvre parle et on l'entend. Il y a donc, avec le buzz, un troisième larron dans l'aventure amoureuse entre annonceurs et prospects : il y a le public et il ne se contente plus de tenir la chandelle. Il entre dans le jeu.
On savait déjà comment la notion de "multicanal" fonctionnait : par effets de miroir. Je reconnais, sur une affiche 4/3 un produit déjà vu à la TV ou sur le Web ; puis je trébuche sur son emballage dans un hyper. Que s'est-il donc passé en plus de l'accumulation des messages ? Ceci: au premier impact, je suis instruit. Et aux suivants ? Je me dis: "c'est moi" car la première image est déjà dans ma mémoire.
Divine surprise: je me reconnais moi-même et je me vaux bien ! On va plus loin avec le buzz car il se nourrit de ce en quoi je contribue au lancement des offres, non plus en Narcisse, mais en partisan, en artisan ou en ami. En partisan, j'épouse une cause ; en artisan, je la façonne, et en ami je passe du rire au chérir.

---------------------------
À la semaine prochaine ?
Jean Sébastien Loygue
http://www.loygue.com/
------------------------------------
Autres blogs :
http://dieuseraweb.blogspot.com/– Web découverte
http://jsloygue.blogsudouest.com/ - Brèves du Sud
http://jeansebastienloygue.blogs.courrierinternational.com/ - Croquis
---------------------------------------------------
Wikipedia
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_S%C3%A9bastien_Loygue